Au-delà des ces mots que tu ne me dis plus
Dans la contemplation de la plage déserte
Je pense encor à toi, quand ta lèvre entrouverte
Me murmurait d’un souffle un amour absolu…
Sur le sable je marche où la mer vient mourir
D’une vague sans force autant que l’existence
Le sais-tu ? Ton silence empreint mon espérance
De bourrasques du large où le vent t’a fait fuir…
Où le vent t'a fait fuir...
Ce ciel si tourmenté dans la douceur d’un soir
Où émerge un profil de lampadaire noir,
Sur cette promenade où je vais solitaire,
Me fait comme un linceul de sa quiétude austère…
L'absence est bien cruelle autant qu’est le destin
Et d'une vie entière il n'est même besoin
Pour dire le regret d’une seule existence
En l’instant de douleur qui pleure une présence…
Les nuages sont gris, semble-t-il, sur la mer
Ainsi que l’est mon âme, au désespoir amer,
Sur cette promenade où je viens et où j’erre
Et me fais un linceul de mes pensées austères…
Cette longue jetée avançant sur les flots
Une mer grise et bleue en ce matin très tôt
Sur ses planches de bois d’un pas lent je l’arpente
Et la brise me frôle en sa caresse lente…
C’est un endroit connu de Douvres ou de Brighton
Où j’ai déjà vécu, serait-ce l’émotion ?
Sa déserte jetée au matin qui se lève
Nous y marchions ensemble, était-ce donc un rêve ?
Etait-ce donc un rêve ?
Runner